Les Preud’homme d’Hailly (ou d’Ailly)


 
Au cours de ces périodes troublées, à la famille des Le Vasseur succéda celle des Preud’Homme d’Hailly. Dans les registres de catholicité de Verquigneul, en 1699 (donc postérieurement au traité des Pyrénées), au mariage d’Anseline Barthélémy, apparaît comme témoin Anne de Saint- Soufflière, dame de Verquigneul. Elle était l’épouse en premières noces de Thomas de Preud’homme d’Hailly.
Thomas, Albert de Preud’homme d’Hailly Ă©tait donc Ă  l’époque, seigneur de Verquigneul. Il Ă©tait Ă©galement seigneur d’Halluin, Monchicourt et Courcelles. Il Ă©tait nĂ© vers 1670, Ă©poux en premières noces d’Anne de Saint Soufflière, il Ă©pousa en secondes noces Marie, Guislaine de Villers au Tertre. Il fut aussi seigneur d’ Â« Hauchy Â» et Cuinchy. C’était l’aide de camp des marĂ©chaux de Villars et de Montesquiou qui commandaient les armĂ©es françaises. Il Ă©tait « mestre Â» de camp de cavalerie dans les armĂ©es.
Nous sommes là au temps de la guerre de succession d’Espagne. Aux troupes françaises s’opposent les troupes anglaises et hollandaises commandées par John Churchill, duc de Marlborough, qui, après la défaite française de Malplaquet a placé son quartier général à Hinges, et les troupes allemandes, commandées par le prince Eugène de Savoie qui a son quartier général à Beuvry. Le 23 octobre 1708, la ville de Lille est perdue par les Français. Le 11 septembre 1709, la bataille de Malplaquet près de Bavay coûte la vie à 30 000 soldats en un jour (voir Le calendrier de l’histoire, tome II, page 78-79), les troupes françaises se replient sur Arras.
Le siège de Béthune commence le 24 juillet 1710. Les Hollandais, pour prendre la ville, commencent par détourner la Lawe à Gosnay, et creusent un très large et profond fossé afin d’évacuer l’eau des douves qui entourent les fortifications Béthunoises au sud et à l’est. Ils réquisitionnent pour ce faire les gens de chez nous. Les eaux sont évacuées jusqu’à la Loisne en traversant en grande partie le territoire de notre village entre Béthune et le marais de Verquigneul. La guerre se déroule exactement chez nous.
Au décès de Thomas de Preud’Homme d’Hailly, lequel n’a pas de descendant, le terre de Verquigneul échoit à un frère cadet, en la personne d’Antoine de Preud’Homme d’Hailly, né en 1674. Ce dernier épouse en secondes noces, Catherine, Constance de Dion, fille de Jean de Dion seigneur de Wandonne et de Marie Jérommette de Hamel de Grand Rullicourt.
Antoine décède à Verquigneul à l’age de 65 ans, le 7 décembre 1739. Il a été inhumé dans le cœur de la chapelle seigneuriale (l’église actuelle du village). Sa seconde épouse meurt à Béthune où elle habitait l’hôtel de Verquigneul. Ce superbe hôtel se trouvait dans l’actuelle rue Sadi Carnot, du coté de la rue opposée à l’hôtel de Beaulincourt, et, pratiquement à hauteur de la rue donnant accès à la place Marmottan. Ce bel immeuble fut détruit lors de la guerre 1914-1918. Madame de Dion meurt le 9 août 1766 à l’age de 68 ans, et elle est inhumée avec son mari
A Antoine de Preud’Homme d’Hailly succède à Verquigneul, son fils aîné, le marquis Albert, Constant, Joseph de Preud’Homme d’Hailly, né à Verquigneul, mais dont l’acte de naissance a disparu des registres. Il était aussi seigneur de Manchicourt, Courcelles, Vancourt. Il épouse le 26 décembre 1745, Marie, Augustine, Colette de Preud’Homme d’Hailly (issue de Gand). Cette dernière décéda au château de Verquigneul, le 7 juin 1752, après avoir donné naissance à son quatrième enfant, Charles, Jérôme, Joseph, né le 30 mai 1752. Elle avait 32 ans et son mariage avait duré 7 ans et demi. Notons que le couple eut comme troisième enfant, une fille Marie, Tranquille, Josèphe de Preud’Homme d’Hailly, née le 30 avril 1749. Elle fut chanoinesse à l’abbaye de Denain, qui avait été dirigée bien antérieurement par les abbesses de la famille de Verquigneul.
Quant Ă  Charles, JĂ©rĂ´me, Joseph de Preud’Homme d’Hailly, chevalier, comte d’Halluin, il fut lieutenant colonel des rĂ©giments des gardes Wallonnes, rĂ©giment crĂ©Ă© le 17 octobre 1702, par le roi Philippe V d’Espagne, et dont les officiers ne se recrutaient que parmi la noblesse des pays possĂ©dĂ©s alors par l’Espagne. Il Ă©pousa, dans l’église Notre-Dame de Cassel, le 7 juillet 1778, Mademoiselle Isabelle, Catherine, Josèphe Van Cappel de Briarde. De cette union naquit FrĂ©dĂ©ric, Auguste, Joseph, DĂ©sirĂ© de Preud’Homme d’Hailly, lequel Ă©pousa, le 5 avril 1804, Sophie Sandelin. Dans le mur de l’église Saint Eloi de Dunkerque, vers le chĹ“ur, existe une pierre tombale dont le texte est le suivant : « Ici repose Messire Auguste Joseph DĂ©sirĂ© de Preud’Homme d’Hailly, comte d’Halluin, vicomte de Bergues, Saint Winocq, Seigneur de Briarde, de West Cappel, de Seykes, dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Dunkerque le 25 mai 1844 Â».
Son père Charles, Jérôme, Joseph de Preud’Homme d’Hailly, est décédé au château de Verquigneul le 3 septembre 1780. En vertu d’un édit royal du 10 mars 1776, interdisant toute inhumation dans les églises et tout autre lieu clos, son corps fut enterré dans le cimetière du village situé alors autour de l’église (la chapelle seigneuriale), contre l’oratoire de la famille (la sacristie actuelle).
Quant au dernier seigneur de Verquigneul : Albert, Constant, Joseph de Preud’Homme d’Hailly, il Ă©migra en Belgique pour Ă©chapper aux troubles rĂ©volutionnaires. De ce fait ses biens furent confisquĂ©s et vendus. Le château fut complètement dĂ©mantelĂ© Ă  la demande de l’acquĂ©reur, par les fermiers du village, le terrain devant ĂŞtre mis en culture.
Subsiste de l’ancien château, le porche de l’entrée de la ferme de Mr Lesage. Un second porche exactement semblable au premier avait été transporté pour servir d’entrée à une ferme rue des Soupirs, ferme tombant en ruine qui a fait place à un lotissement. Il demeure aussi le pigeonnier seigneurial qui existait dans les jardins du château. Il a été transporté pour servir de porte cochère dans l’immeuble portant le numéro 12 de la place de Gaulle, mais dont l’entrée se trouve au départ de la rue du docteur Leleu à partir de cette place.
Albert, Constant, Joseph de Preud’Homme d’Hailly est rentré en France après la période révolutionnaire. Il est décédé à Lille le 11 germinal de l’an 12 (avril 1804).
   Ainsi se termine l’histoire des seigneurs qui ont fait rayonner le village dans notre rĂ©gion et mĂŞme dans le monde avec Florence de Verquigneul.
Avec l'aimable autorisation de M. Jean Baclet