Florence de Verquigneul

 
Avant  sa naissance, la branche principale des Verquigneul avait quitté ce village vers 1400, laissant la place à une branche cadette de la famille.
Les 5 sceaux dont Mr Baclet possède le moulage, datant de 1325 pour les deux premiers, de 1331, de 1345 et de 1380 pour les autres, portent en chef du blason des Verquigneul, une barre à trois pendants, caractéristique d’une brisure de cadet.
Le père de Florence, François de Verquigneul, fils de Frédéric et de Catherine de Thiant, s’était à l’époque, retiré au château d’Epinoy-les-Oisy près de Cambrai. Il était marié à Gertrude de Davre, fille d’une famille Vicomtière, dont la seigneurie se trouvait sur la Meuse, près de Namur. Florence naquit à Epinoy le 24 janvier 1559.
Pendant son adolescence, Florence est placée au monastère de Moustier, près de Namur, dirigé par Madame De Davre, parente de sa mère. En 1579, en pleine guerre de religions, François de Verquigneul se réfugie à Douai pour se sentir plus en sécurité avec sa famille, et Florence quitte Moustier pour les rejoindre.
En 1583, Florence entre au monastère de Flines, de l’ordre de Cîteaux, dirigé par Mme d’Esne. Elle prononce ses vœux le 15 juin 1585, avec une sœur cadette, qui pourrait être Marie décédée en 1601.
A cause des guerres de religions, la clôture n’est pas parfaite dans les monastères. Des vivres doivent y être apportés par les familles. Florence, avec quelques compagnes, décide de vivre au sein même de la communauté de Flines selon une règle plus stricte, et davantage dans l’esprit de Saint-Bernard, fondateur de l’ordre.
En 1595, après avoir pris l’avis de son confesseur, elle met au point un projet nouveau, afin de tenter de restaurer une vie monastique plus conforme aux règles.

En fait, il s’avère que pour que la réforme ait quelques chances de se réaliser, il faudrait se placer directement sous la protection de l’évêque du diocèse, Monseigneur Moullart, évêque d’Ames mais qui appartient à l’ordre de Saint Benoît. Appuyée par les souverains de l’époque, les Archiducs Albert d’Autriche et sa femme Isabelle, Infante d’Espagne (fille de Philippe II), Florence et ses compagnes obtiennent en 1599, de la part des autorités civiles, l’autorisation de quitter l’ordre de Saint Bernard de Cîteaux pour celui de Saint Benoît. L’évêque d’Arras donne alors son autorisation, laquelle entraîne celle de la maison de Cîteaux.
Florence et ses compagnes quittent donc l’abbaye de Flines, pour l’hôtel de la Motte à Douai, qui appartient à un gentilhomme de Namur et qui sera aménagé pour les recevoir.
Le 18 octobre 1604, Florence de Verquigneul est officiellement désignée pour diriger ce premier monastère, qui prend le nom de «  La Paix Notre Dame », et le 21 mars 1605, fête de Saint Benoît, Florence reçoit de Monseigneur Richardot, évêque d’Arras, la bénédiction abbatiale.
En 1609, le Nonce apostolique, de passage à Douai, approuve la règle monastique établie.
En 1612, Florence adresse à Rome ses constitutions et le pape Paul V Borghèse donne son approbation à la réforme de Florence de Verquigneul.
Florence devient donc, de fait, aux yeux de toute la chrétienté, fondatrice d’une nouvelle règle monastique, au sein de l’ordre des Bénédictines.
En 1612, c’est le monastère de «  La Paix de Jésus » qui est créé à Arras. La même année, un prieuré, issu de la réforme de Florence naît à Fauquembergues.
En 1613, un autre est installé à Namur et la très ancienne abbaye de Sainte Godeleine à Bruges, adopte pour se réformer, la règle de Florence. Cette abbaye détient le testament spirituel de Florence de Verquigneul.
En 1624, à partir de la communauté d’Arras, un autre monastère de bénédictines réformées voit le jour à Béthune, tout près donc du berceau de la famille. Ce sont les Dames de la Paix mentionnées dans l’histoire de Béthune, ce monastère prend le nom de « La Paix du Saint-Esprit ».
En 1624, encore, une autre maison est fondée à Hunneghem (Hunegem).
 
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En 1627, le monastère de Namur établit à son tour, l’abbaye de Notre-Dame d’Avroy à Liège. Sa devise est « Pax Virginis ».
En 1635, le prieuré de Fauquembergues en crée un nouveau à Poperinge.
En 1640, c’est Liège qui fonde à Menin, un monastère qui prend à partir de 1724, le nom de « Notre Dame de la Paix ».
En France, toutes les maisons nées de la réforme de Madame de Verquigneul ont disparu à la révolution. Par contre, en Belgique, ces communautés existent et fonctionnent toujours. En août 1979, Mr Baclet, accompagné de sa fille, ont été reçus à l’abbaye de Liège, boulevard d’Avroy, ou ils ont pu voir le portrait peint de Florence de Verquigneul et celui des abbesses qui se sont succédées dans ce monastère depuis sa fondation. On leur a montré également les premiers bâtiments qui existaient au moment de la fondation.
Florence de Verquigneul, malade et aveugle, meurt en odeur de sainteté à l’âge de 78 ans, le 29 août 1638, dans la première maison qu’elle avait fondée à Douai. Elle fut inhumée dans le chœur de l’église de ce monastère, à l’emplacement actuel de la gare de Douai. Dans ce quartier existe peut-être encore une rue de l’abbaye.     
Plus récemment, en 1864, se crée à Tongres, une maison de bénédictines réformées sous le nom « La Paix Saint Joseph ».
En 1880, Liège donne le jour à un prieuré « Pax Cordis Jesus » à Ventnor, communauté qui fut transférée à Ryde ( île de Wight) en Grande Bretagne, et qui fut par la suite transformée en abbaye.
En 1891, à Ghistelle, la communauté de Sainte Godeleine se crée à partir de l’abbaye de Sainte Godeleine de Bruges.
En 1919, Sainte Gertrude de Louvain sera également une fondation à partir de l’abbaye de Liège.
En 1971, se crée, à partir de la communauté de Ryde, un monastère à Shanti-Milayan en Inde.
Comme vestige restant de cette famille des Verquigneul, citons, à l’extérieur de l’église d’Houdain, à gauche du portail, enchâssée dans le mur, une pierre bleue de Tournai. Celle-ci est entourée d’une moulure, ou l’on découvre gravés, mais actuellement en très mauvais état, onze personnages : au centre la Vierge assise, l’enfant Jésus sur les genoux, à sa droite, Guilbert de Verquigneul en costume de chevalier, agenouillé, les mains jointes. Derrière lui, son patron, crossé et mitré, intercède pour ce seigneur, lequel est accompagné de ses trois fils. A gauche de la vierge, Jeanne de Beaufremetz son épouse, également agenouillée dans l’attente de la prière, suivie de ses deux filles. Jeanne est accompagnée de sa sainte patronne. Jeanne de Beaufremetz est décédée en 1412.
Avec l'aimable autorisation de M. Jean Baclet