Verquigneul dans l’histoire

 
Pour souligner l’importance qu’a eue ce village dans l’histoire de notre pays, nous nous contenterons de rappeler l’importance historique des familles seigneuriales qui se sont succédées au cours des siècles à Verquigneul
 

Les Verquigneul

 
Les premiers seigneurs qui se sont installés chez nous ont pris le nom de la terre ou ils se sont établis. Ils étaient issus d’une branche cadette des Trith-Saint-Léger du Nord. En effet, en 1186, deux documents distincts relatent le même fait, à savoir, le don d’un héritage au village de Fournes, fait à l’abbaye de Saint-André, attribué dans l’un à Régnier de Trith, et dans l’autre à Régnier de Verquigneul. A l’origine, cette même personne était à la fois seigneur de Trith et de Verquigneul. Lorsqu’il a abandonné ses biens à Fournes, son seul domaine lui restant était celui de Verquigneul. Il est resté uniquement le seigneur de ce lieu, domaine que possédaient d’ailleurs antérieurement d’autres membres de cette même famille, notamment en 1147 comme on l’a vu précédemment.
 

Les Verquigneul et la guerre

 
Les seigneurs de Verquigneul étaient les hommes liges des seigneurs de Béthune, ville voisine, lesquels ont participé à toutes les croisades. Le blason des Verquigneul se lit : « d’hermine au croissant de sable ». Ce sont des armes de croisés : la fourrure d’hermine est symbole de pureté, quant au croissant, il rappelle l’Islam, mais il est représenté noir, car les adversaires étaient des infidèles aux yeux de toute la chrétienté.
Dès la première croisade en 1095, le Comte de Flandre y participe mais il confie pendant son absence, la garde de la Comtesse et de son Comté de Flandre au Comte Robert III de Béthune. Ce dernier charge ses deux fils, Robert son aîné et Adam, de le remplacer à la tête des hommes liges de la seigneurie de Béthune parmi lesquels, en premier lieu, le seigneur de Verquigneul, afin de répondre à l’appel du Pape Urbain II.
Robert de Verquigneul, fils de Baudouin, accompagne donc Robert et Adam de Béthune dans cette première croisade. Ces derniers se distinguent particulièrement au siège de Saint Jean d’Acre, à tel point qu’Adam de Béthune, en récompense, est fait par Godefroy de Bouillon, baron de Beth Shéan, l’une des plus belles cités de Palestine, juste au sud du lac de Tibériade. De ce fait, Adam de Béthune restera en Terre Sainte. Quant à Robert de Béthune, il va se trouver en danger au siège de Jérusalem, et il fait alors le serment, si la chance lui permet de revenir en bonne santé à Béthune, de faire édifier bien en dehors des remparts de la ville, dans le quartier du Perroy, une chapelle dédiée à la Vierge Marie.
 C’est ce qui explique que Robert de Verquigneul, pour imiter son suzerain, a obtenu auprès de l’abbaye de Saint Bertin de Saint Omer, après de nombreuses démarches, l’autorisation de bâtir, comme on l’a vu précédemment, une nouvelle chapelle. Cette seconde chapelle sera donc édifiée en 1147, loin du centre du village entre Verquigneul et Noeux. Elle sera dédiée à Notre Dame du Bel Amour, Marie ayant été reconnue comme « Mère de Dieu » par le concile d’Ephèse en 432. L’autorisation de Saint Bertin était soumise à la condition que, pour la messe à y célébrer, celle-ci relèverait du curé de Verquin. Cette seconde chapelle (une église en fait) relevait donc directement de l’évêché et échappait à la famille seigneuriale, contrairement à ce qui existait pour la chapelle seigneuriale. Elle était la véritable église paroissiale, comme le reconnaissent les textes des archives départementales. A partir de 1147, il y a donc deux églises à Verquigneul. Elles apparaissent sur la carte de Naudin, sur le terrier de 1756 et sur la carte de France de Cassini. La chapelle ne disparaît, selon Mr Dehune, historien de Noeux, qu’après la bataille de Waterloo et l’occupation de notre région par les troupes anglaises en 1816. Le culte à Notre Dame du Bel Amour ayant cessé en 1793, la Vierge Marie a été vénérée chez nous pendant plus de 640 ans.
Un autre épisode des croisades impliquant directement les seigneurs de Verquigneul est celui  qui concerne Régnier de Verquigneul (antérieurement Seigneur de Trith-Saint-Léger et de Verquigneul).
Ce Régnier de Verquigneul a participé à la 3éme croisade qui débute en 1187. Notons que le don de Régnier à l’abbaye de Saint-André date de 1186, don destiné à obtenir protection céleste.
Au cours de la quatrième  croisade, il est toujours en Terre Sainte. Il se trouve alors assiégé pendant 13 mois, dans une forteresse de l’Estanemac, en Turquie,  par les Turcs  Seldjoukides. C’est Henri de Flandre, le frère de Baudouin de Flandre qui fut empereur de Constantinople, et Conon de Béthune, à la tête d’une armée de croisés qui feront lever ce siège en 1206 au cours de cette quatrième croisade.
 

Autres distinctions des Verquigneul sur le plan militaire


En 1327, un Gilles de Verquigneul, armé chevalier et son fils sont tous deux pairs du château de Lens, et leur paierie vise autant le domaine civil que le domaine militaire.
En 1346, un Mahieu de Verquigneul, dont Mr Baclet possède le moulage du sceau, est châtelain de Béthune. C'est-à-dire qu’il commande le château de Béthune en cas de guerre. L’année 1346 est d’ailleurs celle au cours de laquelle a été décidée la construction du premier beffroi de la ville. Il défendit le château assiégé par des milliers de Flamands. (Document : quittance du trésor des chartes d’Artois, 1ére quinzaine de septembre 1346).
En 1340, un Mahieu de Verquigneul, chevalier (peut être le même que le précédent) sert Eudes IV de Bourgogne avec trois écuyers qu’il paie et équipe à ses frais, et trente fantassins sous ses ordres.
En 1380, un Robert de Verquigneul, écuyer est châtelain de Beuvry.
En 1470, Louis de Verquigneul, fils de Jacques de Verquigneul est capitaine de Beuvry. Ce Louis, marié à Jacquemine de Rounelard, a exercé de son vivant, la charge de Bailly et de receveur de Tournehem.
Ainsi, au cours des siècles les Verquigneul participent activement à la défense de notre région.
 

Les Verquigneul et le domaine religieux

 
Pendant soixante seize ans, quatre abbesses du nom de Verquigneul ont dirigé successivement l’abbaye de Denain.
De 1477 à 1481, Marie de Verquigneul, fille de Jacques de Verquigneul et de Jeanne d’Oignies, fut la 23ème abbesse à la tête de ce monastère. C’était la sœur de Louis de Verquigneul, capitaine de Beuvry en 1464.
De 1481 à 1485, Marie de Verquigneul, qui pourrait être la fille de la précédente entrée dans les ordres après un veuvage, devient la 24ème abbesse.
De 1485 à 1536,  la 25ème abbesse de Denain est Jeanne de Verquigneul, fille d’Antoine de Verquigneul, chevalier. Jeanne aura le privilège de recevoir au château, le roi de France, François 1er, qui était en visite chez son redoutable adversaire Charles Quint.
De 1536 à 1553, c’est Saincte de Verquigneul qui fut la 26ème et dernière abbesse de ce nom à Denain. Ce fut d’ailleurs elle qui fit bâtir le chœur de ce monastère, tel qu’il existait encore au XVIème siècle.  
Mais celle qui se distingue le plus dans cette famille des Verquigneul dans l’ordre religieux fut sans conteste Florence de Verquigneul.
Avec l'aimable autorisation de M. Jean Baclet